Les auteurs lauréats d'une bourse de résidence en 2020

Découvrez ici les portraits des auteurs lauréats d'une bourse de résidence en 2020

Arno Bertina à la Maison des Écritures Lombez Occitanie (32)

Arno Bertina © DR 

Né en 1975, Arno Bertina est romancier (6 titres et une nouveauté au printemps 2020) et auteur de nombreuses autres fictions et contributions. Ancien pensionnaire de la villa Médicis (2005-2006) il collabore à de nombreuses revues telles que La NRF, Esprit, Prétexte et Critique, et il co-anime Inculte, une publication bimestrielle littéraire et philosophique. Il a écrit avec François Bégaudeau et Oliver Rohe l’essai Une année en France (Gallimard, 2007). Il a également écrit des romans dans les marges de travaux photographiques - notamment La borne SOS 77 (éditions Le bec en l’air, 2009) et Numéro d'écrou 362573 (Le bec en l'air, 2013).
Il est aussi l'auteur de fictions radiophoniques pour France-Culture, qu'il s'agisse de créations ou d'adaptations de chefs-d’œuvre tels que Sous le volcan de Malcolm Lowry, et Les Démons de Dostoïevski (avec Oliver Rohe). Dernier ouvrage publié : Des châteaux qui brûlent, VCCerticales, 2018

Projet. Un projet est en préparation dans le Pays portes de Gascogne. La Cie La langue Écarlate (Hélène Mathon) met sur pied un glanage de paroles d’habitants, sur le thème des communs à défendre et sur une géographie entre le pays et l’agglomération toulousaine. Arno Bertina se saisira de cette matière pour écrire un texte romanesque ou théâtral dans le courant du 1er semestre 2020 à la Maison des Écritures Lombez Occitanie.

Lucile Bordes à De Pure fiction (46)

Lucile Bordes © DR

Née en 1971 dans le Var, installée à la Seyne-sur-Mer, Lucile Bordes est romancière et enseignante-chercheuse en linguistique à l'université de Toulon.
Elle a publié trois romans aux éditions Liana Levi, Je suis la marquise de Carabas (Prix Thyde Monnier de la SGDL, Prix des lecteurs de la ville de Clichy), Décorama (Prix du deuxième roman de Laval) et 86, année blanche, édité en 2016 et finaliste du Prix Orange du Livre. Il raconte les suites de l’explosion nucléaire de Tchernobyl, à travers le regard de trois personnages féminins entre la France, la Russie et l’Ukraine.
Elle aime interroger le rapport au(x) lieu(x). Tous ses livres ont été repérés par la critique.

Projet. Elle est accueillie en mars 2020 à De Pure fiction (46) pour écrire son 4e roman à paraître aux éditions Liana Lévi.
 

Louise Desbrusses à De Pure Fiction (46)

Louise Desbrusses © DR 

« Louise Desbrusses se déploie depuis quelques décennies dans (et autour d’)un corps [...] en un point (toujours) changeant de l’espace-temps depuis lequel elle extrait et organise mots et mouvements sous une forme ou une autre, voire plusieurs combinées (ou pas).[...] ».
Louise Desbrusses a publié chez P.O.L deux romans, L’argent, l’urgence (2006) et Couronnes Boucliers Armures (2007), puis une pièce radiophonique, Toute tentative d’autobiographie serait vaine, commande de France Culture diffusée en 2008 puis publiée chez Lansman Éditeur. 

Trois essais intitulés du corps (&) de l’écrit (2009-2010) écrits à l’invitation de la revue Inculte, interrogent l’invisible performance physique de l’écrivain dont le texte est la trace. Ces questions conduisent perceptiblement l’autrice vers des performances d’une nature plus visible, plus audible, quand le corps de l’écrivain lui-même fait partie intégrante du texte (ou de son absence) au point que les séparer devienne difficile. Voire impossible parfois. En tout cas problématique, souvent.

En 2012, Louise Desbrusses adapte et danse I think not, chorégraphie de Deborah Hay (Festival Concordan(s)es - Bagnolet). En 2013, elle créée Le corps est-il soluble dans l’écrit ? dans le cadre du Cabaret de curiosités #10 du phénix-scène nationale de Valenciennes.

Projet. Sa résidence à La Filature du Mazel (30) en octobre 2020 fera avancer son projet « Les dé-fileuses » né en 2014 lors d'une performance dans une filature qui venait d'être vendue pour être transformée en résidence secondaire. Louise Desbrusses est touchée par ces lieux qui changent de destination mais dont les murs portent encore la souffrance muette des générations qui nous ont précédés.
Les racines de ce texte sont plus anciennes. En 1999, lors de son arrivée dans les Cévennes elle achète à , une carte postale sur laquelle était reproduit le règlement pour les fileuses logées et la violence qu'on faisait à ces jeunes filles. Cela faisait écho à la vie d'autres femmes dans les sweat-shop et maquiladoras.
Le texte qu’elle souhaite écrire n'est pas un récit, une fiction, un document, un poème, un essai. Ou plutôt il est tout cela : un « enchevêtrement magique ». Il est tissé du fil d'histoires, les siennes, celles des femmes qui l'ont précédée, celle des fileuses d'hier et d’aujourd'hui. La résidence à la Filature du Mazel se situe dans le territoire où ce projet est né.
Le lien que l'autrice souhaite faire entre la situation des femmes qui travaillent dans les sweat-shops en Chine ou ailleurs dans le monde et l'exploitation des femmes pour l'industrie de la mode semble un projet très fort pour la Filature du Mazel compte tenu de sa volonté d'être un trait d'union entre ancrage dans le territoire et questions contemporaines.

Adrien Genoudet à La Maison du Banquet (11)

 Adrien Genoudet © DR

Né en 1988, Adrien Genoudet est cinéaste, écrivain et chercheur en histoire visuelle. Il est l’assistant de Patrick Boucheron au Collège de France et enseigne le cinéma. Il est l’auteur de plusieurs films d’art.
Il est rédacteur en chef de la revue Entre-Temps, une revue collective, collaborative, attachée à la chaire de Patrick Boucheron au Collège de France. Elle se veut un espace ouvert, dédié à une histoire plurielle.
Il a écrit Dessiner l’Histoire, Pour une histoire visuelle (Le Manuscrit, 2015), ainsi que L’Étreinte, un 1er roman (Inculte, Actes Sud, 2017).

Projet. Du 1er au 31  mai 2020, Adrien Génoudet sera en résidence partagée à la Maison du Banquet  à Lagrasse avec  Estelle Chauvard et Louise Piélat afin de travailler autour du thème : Des jardins.
Estelle Chauvard est designer fiction, directrice artistique de la Compagnie Arcane. Louise Piélat est paysagiste DPLG. Elle a travaillé à divers projets en France et en Espagne, notamment : la mise en scène d’un site archéologique, la réalisation de jardins privés et l’aménagement d’espaces publics.

Benoît Guillaume à la Boutique d'Écriture & Co (Montpellier) 

Très actif sur la scène de la jeune bande dessinée indépendante, Benoît Guillaume participe à de nombreux fanzines, revues et collectifs (40075 km, Crrisp Comics, Nos restes, Le coup de Grâce…).
Il a travaillé comme graphiste et animateur de films pour le web, mais se consacre principalement au dessin – de préférence en extérieur : bande-dessinée, flip-books, films d’animation… Son site Internet donne un aperçu de la diversité de ses talents, en illustration, animation et bande dessinée de fiction ou de reportage, seul ou parfois avec l’auteur Frédéric Debomy. Il a publié aux Editions Cambourakis, la 5ème couche, Actes Sud, etc.

Projet. Sa résidence à la Boutique d'Écriture & Co (Montpellier) pendant le mois de juin 2020 est l'occasion pour lui de poursuivre ses recherches de croquis d’observation qui expriment avec virtuosité́ le mouvement des villes et des hommes, avec pour axe un travail sur la langue et sur l’altérité.

Michel Jullien à la Maison des Écritures Lombez Occitanie (32)

Michel Jullien © DR 

Michel Jullien est né en 1962, non loin de Paris. Après des études littéraires, il enseigne à l’Université Fédérale du Para, au Brésil (Belem). De retour en France, il fait ses premières armes dans l’édition, chez Hazan, puis chez Larousse avant d’animer une maison d’édition spécialisée dans les arts décoratifs. En marge des livres, en marge de l’édition, il s’adonne à sa plus grande passion : la montagne. Après avoir gravi une centaine de sommets dans le massif du Mont-Blanc, les Écrins et les Pyrénées, il cesse l’escalade à quarante-cinq ans et se consacre à l’écriture. Il vit aujourd’hui à Paimbœuf, au bout de la Loire.
Il a publié une dizaine de livres dont 7 romans aux éditions Verdier, le dernier en février 2020, Intervalles de Loire. Il a obtenu plusieurs prix (Prix Franz-Hessel en 2018 pour Denise au Ventoux).

Projet. Il compte mettre à profit ses deux périodes de résidence à la Maison des Écritures Lombez Occitanie (4 semaines en mars-avril, puis 4 semaines en octobre 2020) pour s'isoler et affiner divers textes en cours d'écriture.

Youssef Lahrichi et Simon Lamouret à la Maison des Écritures Lombez Occitanie (32)

Youssef Lahrichi © DR
Simon Lamouret © DR 

Originaire de Fès, Youssef Lahrichi poursuit des études d’ingénierie puis un master en France avant de s’installer à Casablanca pour démarrer sa vie professionnelle. Après quelques années passées dans le conseil en management et le secteur bancaire, Youssef Lahrichi fait le choix de réorienter sa carrière et rejoint une société de production audiovisuelle en tant que directeur d’écriture.
En parallèle à sa carrière professionnelle, il se consacre pleinement à ses deux passions : la photographie et le théâtre. Avec sa série « Rêveries urbaines », Youssef devient le lauréat de la 3e édition du LCC Program de la Fondation Alliances et expose cette même série à la biennale de la photographie africaine de Bamako en 2015.
Du côté du théâtre, Youssef Lahrichi a obtenu son diplôme au conservatoire d’art dramatique de Casablanca en 2016. Après plusieurs projets en tant que comédiens, il a écrit et mis en scène deux pièces de théâtre Allah Islah et Khedmouni qui traitent respectivement les sujets du patriarcat et du chômage dans la société marocaine. Ces deux pièces continuent à être jouées dans plusieurs théâtres marocains depuis 2017.

Simon Lamouret est un illustrateur et auteur de bande dessinée, né à Toulouse en 1987. Après des études à l'École Estienne, aux Beaux-Arts d’Angoulême et aux Arts Décoratifs de Strasbourg, il part enseigner le dessin en Inde. Bangalore, sa nouvelle ville, l’inspire et le conduit à réaliser un projet de bande dessinée, récompensé en 2015 par la bourse Jeunes talents de la fondation Glénat. Par ses images et ses récits, il tente de nous parler de « son Inde », loin des préjugés et de l’image caricaturale du pays. Son travail se caractérise par l’utilisation du crayon et un grand niveau de détails sur des supports grands format.
Il a obtenu une bourse d'Occitanie Livre & Lecture en 2018. En avril et mai 2019, Simon Lamouret a été accueilli en résidence d'illustration par l'Institut français de Casablanca.
Du travail mené avec Youssef Lahrichi est née l'exposition « Va et vient », présentée à la Galerie 121 de l'Institut français de Casablanca.


Projet. Youssef Lahrichi tient à prolonger son travail littéraire et artistique avec Simon Lamouret lors d'une résidence d'un mois en novembre 2020 à la Maison des Écritures Lombez Occitanie pour réaliser ensemble un roman graphique. Occitanie Livre & Lecture compte accompagner les 2 artistes dans leur recherche d’éditeur et favoriser leur valorisation et leur circulation dans les milieux culturels particulièrement les réseaux BD.

Patrice Luchet au Vent des Signes (31)

Patrice Luchet © DR 

Poète-performeur, Patrice Luchet (1971) vit à Bordeaux où il écrit et oralise ses textes, parfois improvisés. Il travaille en particulier sur la notion de poésie relationnelle et explore à travers une grande partie de ses écrits le monde urbain. Il présente ses textes depuis une douzaine d’années sous forme de « publications orales » où ses écrits, par ses commentaires, ses actions, jouent avec le public, le lieu. Il est par ailleurs enseignant de lettres classiques et membre actif des collectifs Boxon, p&P et de l’association Poésie mobile.
Publications : Offrez des pissenlits (éd. Contre-pied, 2010), Funky collège (éd. Moires, 2017), Déclarés MIE (éd Moires, 2019).

Projet. Au 1er semestre 2020, il  entend poursuivre au Vent des Signes son travail personnel de création et proposer des ateliers d’écriture et de lecture à des collégiens.

Núria Perpinyà à l'Hôtel du Belvédère du Rayon-Vert (66)

Nùria Perpinyà © DR 

Nùria Perpinyà est professeure à l'Université de Lleida (Espagne), après l’obtention d’un doctorat en philologie catalane. En 1997 elle publie un essai sur la poésie occidentale des années 60, suivi un an plus tard de son 1er roman Une bonne erreur. Elle est aujourd’hui une romancière et essayiste très repérée. Ses essais critiques ont été récompensés par plusieurs prix. Elle écrit également du théâtre, de la poésie. Sa rigueur formelle et son expérimentalisme renouvellent le genre dans le panorama de la littérature catalane contemporaine. 

Le projet de résidence de l'Hôtel du Belvédère est un projet translittéraire. Il s’agit de l’écriture d’une oeuvre plurielle initiée en 2019 qui fait écho aux transbordeuses qui faisaient passer des oranges venues d’Espagne d’un train à l’autre. Le principe est le suivant : une romancière s’installe au Belvédère pour écrire son texte. Elle choisit celle qui la succède à la seule condition, qu’elle ne soit pas de la même nationalité, laquelle à son tour choisira la suivante… Chacune signe donc un texte. Ces « chapitres » pourront être des nouvelles achevées ou des débuts de romans (à la façon de Si par une nuit d'hiver, un voyageur d'Italo Calvino) dont la rédaction se poursuivra ensuite sous d'autres latitudes. Après un certain nombre de résidences (6 au total normalement), les textes seront réunis dans une édition commune en langue française et ainsi de suite. Les éditons Anne-Marie Métailié ont accueilli favorablement ce projet et l’accompagneront.

Projet. Choisie par Karla Suárez, première autrice accueillie et soutenue par l’agence Occitanie Livre & Lecture, Núria Perpinyà se propose d'écrire du 1er au 31 mars 2020 à Cerbère, une histoire de science-fiction sur le changement climatique.