Les auteurs lauréats d'une bourse de résidence en 2020

Découvrez les portraits des auteurs lauréats d'une bourse de résidence en 2020

Cécile Balavoine à De Pure fiction (46)

Cécile Balavoine © Ludovic Maisant 

Après l’Autriche, l’Allemagne puis New York, où elle a vécu  et enseigné pendant dix ans (New York University et Columbia University), Cécile Balavoine a retrouvé la France pour devenir journaliste. Elle écrit pour Air France Magazine, Voyages d’Affaires ou encore IDEAT et enseigne à Columbia University in Paris, Smith College et Sciences Po Paris.

Au printemps 2017, elle publie son premier roman, Maestro, ainsi qu’une anthologie, Le goût du piano, aux éditions Mercure de France.

Projet. L'autrice écrira à la maison De Pure Fiction son troisième roman publié par les éditions du Mercure de France. Titre provisoire : Nullipare.

Alexandre Bergamini à Lattara

Alexandre Bergamini © DR

En fugue littéraire entre Marseille et le bout du monde, Alexandre Bergamini, né en 1968, a publié des textes poétiques, Autopsie du sauvage, et un premier roman, Retourner l'infâme.

Comédien, metteur en scène, auteur, il organise depuis 2000 des ateliers d'écriture, des lectures et rencontres littéraires.

Projet. L'auteur mènera un projet personnel de création intitulé Notes de chevet et Osamu Dazai. Ce travail singulier et original n'a jamais été fait jusqu'à présent à ce niveau de recherche.  
Il n'est pas rare de rencontrer au coin des rues tokyoïtes ou en campagne des personnages de légendes, des monstres, des fantômes et autres esprits appelés Yokai, englobant toutes sortes de créatures imaginaires. C'est cet aspect légendaire que l'auteur aimerait approfondir à travers ce nouveau texte. Cette confusion entre le réel de personnes anonymes devenant, incarnant, des personnages bien connus au Japon.  
C'est ce passage délicat, ce glissement de la vision, de l'interprétation du réel, qu'il aimerait saisir à travers l'œuvre et la vie particulière d'un auteur étrange devenu un classique, Osamu Dazai, auteur de Cent vues du mont Fuji, en référence aux dessins d'Hokusai. Après Vague inquiétude édité en janvier 2020 aux éditions Picquier, à la recherche fantomatique de l'écrivain R. Akutagawa, l'auteur poursuit avec cet autre écrivain mélancolique et méconnu, Osamu Dazai.

Arno Bertina à la Maison des Écritures Lombez Occitanie (32)

Arno Bertina © DR 

Né en 1975, Arno Bertina est romancier (6 titres et une nouveauté au printemps 2020) et auteur de nombreuses autres fictions et contributions. Ancien pensionnaire de la villa Médicis (2005-2006) il collabore à de nombreuses revues telles que La NRF, Esprit, Prétexte et Critique, et il co-anime Inculte, une publication bimestrielle littéraire et philosophique. Il a écrit avec François Bégaudeau et Oliver Rohe l’essai Une année en France (Gallimard, 2007). Il a également écrit des romans dans les marges de travaux photographiques - notamment La borne SOS 77 (éditions Le bec en l’air, 2009) et Numéro d'écrou 362573 (Le bec en l'air, 2013).
Il est aussi l'auteur de fictions radiophoniques pour France-Culture, qu'il s'agisse de créations ou d'adaptations de chefs-d’œuvre tels que Sous le volcan de Malcolm Lowry, et Les Démons de Dostoïevski (avec Oliver Rohe). Dernier ouvrage publié : Des châteaux qui brûlent, VCCerticales, 2018

Projet. Un projet est en préparation dans le Pays portes de Gascogne. La Cie La langue Écarlate (Hélène Mathon) met sur pied un glanage de paroles d’habitants, sur le thème des communs à défendre et sur une géographie entre le pays et l’agglomération toulousaine. Arno Bertina se saisira de cette matière pour écrire un texte romanesque ou théâtral dans le courant du 1er semestre 2020 à la Maison des Écritures Lombez Occitanie.

>> Retrouvez une interview de Arno Bertina sur le site de Ciclic

Lucile Bordes à De Pure fiction (46)

Lucile Bordes © DR

Née en 1971 dans le Var, installée à la Seyne-sur-Mer, Lucile Bordes est romancière et enseignante-chercheuse en linguistique à l'université de Toulon.
Elle a publié trois romans aux éditions Liana Levi, Je suis la marquise de Carabas (Prix Thyde Monnier de la SGDL, Prix des lecteurs de la ville de Clichy), Décorama (Prix du deuxième roman de Laval) et 86, année blanche, édité en 2016 et finaliste du Prix Orange du Livre. Il raconte les suites de l’explosion nucléaire de Tchernobyl, à travers le regard de trois personnages féminins entre la France, la Russie et l’Ukraine.
Elle aime interroger le rapport au(x) lieu(x). Tous ses livres ont été repérés par la critique.

Projet. Elle est accueillie en mars 2020 à De Pure fiction (46) pour écrire son 4e roman à paraître aux éditions Liana Lévi.
 

Louise Desbrusses à La Filature du Mazel (30)

Louise Desbrusses © DR 

« Louise Desbrusses se déploie depuis quelques décennies dans (et autour d’)un corps [...] en un point (toujours) changeant de l’espace-temps depuis lequel elle extrait et organise mots et mouvements sous une forme ou une autre, voire plusieurs combinées (ou pas).[...] ».
Louise Desbrusses a publié chez P.O.L deux romans, L’argent, l’urgence (2006) et Couronnes Boucliers Armures (2007), puis une pièce radiophonique, Toute tentative d’autobiographie serait vaine, commande de France Culture diffusée en 2008 puis publiée chez Lansman Éditeur. 

Trois essais intitulés du corps (&) de l’écrit (2009-2010) écrits à l’invitation de la revue Inculte, interrogent l’invisible performance physique de l’écrivain dont le texte est la trace. Ces questions conduisent perceptiblement l’autrice vers des performances d’une nature plus visible, plus audible, quand le corps de l’écrivain lui-même fait partie intégrante du texte (ou de son absence) au point que les séparer devienne difficile. Voire impossible parfois. En tout cas problématique, souvent.

En 2012, Louise Desbrusses adapte et danse I think not, chorégraphie de Deborah Hay (Festival Concordan(s)es - Bagnolet). En 2013, elle créée Le corps est-il soluble dans l’écrit ? dans le cadre du Cabaret de curiosités #10 du phénix-scène nationale de Valenciennes.

Projet. Sa résidence à La Filature du Mazel (30) en octobre 2020 fera avancer son projet « Les dé-fileuses » né en 2014 lors d'une performance dans une filature qui venait d'être vendue pour être transformée en résidence secondaire. Louise Desbrusses est touchée par ces lieux qui changent de destination mais dont les murs portent encore la souffrance muette des générations qui nous ont précédés.
Les racines de ce texte sont plus anciennes. En 1999, lors de son arrivée dans les Cévennes elle achète à , une carte postale sur laquelle était reproduit le règlement pour les fileuses logées et la violence qu'on faisait à ces jeunes filles. Cela faisait écho à la vie d'autres femmes dans les sweat-shop et maquiladoras.
Le texte qu’elle souhaite écrire n'est pas un récit, une fiction, un document, un poème, un essai. Ou plutôt il est tout cela : un « enchevêtrement magique ». Il est tissé du fil d'histoires, les siennes, celles des femmes qui l'ont précédée, celle des fileuses d'hier et d’aujourd'hui. La résidence à la Filature du Mazel se situe dans le territoire où ce projet est né.
Le lien que l'autrice souhaite faire entre la situation des femmes qui travaillent dans les sweat-shops en Chine ou ailleurs dans le monde et l'exploitation des femmes pour l'industrie de la mode semble un projet très fort pour la Filature du Mazel compte tenu de sa volonté d'être un trait d'union entre ancrage dans le territoire et questions contemporaines.

Adrien Génoudet à La Maison du Banquet (11)

 Adrien Génoudet © DR

Né en 1988, Adrien Génoudet est cinéaste, écrivain et chercheur en histoire visuelle. Il est l’assistant de Patrick Boucheron au Collège de France et enseigne le cinéma. Il est l’auteur de plusieurs films d’art.
Il est rédacteur en chef de la revue Entre-Temps, une revue collective, collaborative, attachée à la chaire de Patrick Boucheron au Collège de France. Elle se veut un espace ouvert, dédié à une histoire plurielle.
Il a écrit Dessiner l’Histoire, Pour une histoire visuelle (Le Manuscrit, 2015), ainsi que L’Étreinte, un 1er roman (Inculte, Actes Sud, 2017).

Projet. Du 1er au 30 septembre 2020, Adrien Génoudet sera en résidence partagée à la Maison du Banquet (11) à Lagrasse avec  Estelle Chauvard et Louise Piélat afin de travailler autour du thème : Des jardins.
Estelle Chauvard est designer fiction, directrice artistique de la Compagnie Arcane. Louise Piélat est paysagiste DPLG. Elle a travaillé à divers projets en France et en Espagne, notamment : la mise en scène d’un site archéologique, la réalisation de jardins privés et l’aménagement d’espaces publics.

Benoît Guillaume à la Boutique d'Écriture & Co (Montpellier) 

Très actif sur la scène de la jeune bande dessinée indépendante, Benoît Guillaume participe à de nombreux fanzines, revues et collectifs (40075 km, Crrisp Comics, Nos restes, Le coup de Grâce…).
Il a travaillé comme graphiste et animateur de films pour le web, mais se consacre principalement au dessin – de préférence en extérieur : bande-dessinée, flip-books, films d’animation… Son site Internet donne un aperçu de la diversité de ses talents, en illustration, animation et bande dessinée de fiction ou de reportage, seul ou parfois avec l’auteur Frédéric Debomy. Il a publié aux Editions Cambourakis, la 5ème couche, Actes Sud, etc.

Projet. Sa résidence à la Boutique d'Écriture & Co (Montpellier) pendant le mois de juin 2020 est l'occasion pour lui de poursuivre ses recherches de croquis d’observation qui expriment avec virtuosité́ le mouvement des villes et des hommes, avec pour axe un travail sur la langue et sur l’altérité.

Michel Jullien à la Maison des Écritures Lombez Occitanie (32)

Michel Jullien © DR 

Michel Jullien est né en 1962, non loin de Paris. Après des études littéraires, il enseigne à l’Université Fédérale du Para, au Brésil (Belem). De retour en France, il fait ses premières armes dans l’édition, chez Hazan, puis chez Larousse avant d’animer une maison d’édition spécialisée dans les arts décoratifs. En marge des livres, en marge de l’édition, il s’adonne à sa plus grande passion : la montagne. Après avoir gravi une centaine de sommets dans le massif du Mont-Blanc, les Écrins et les Pyrénées, il cesse l’escalade à quarante-cinq ans et se consacre à l’écriture. Il vit aujourd’hui à Paimbœuf, au bout de la Loire.
Il a publié une dizaine de livres dont 7 romans aux éditions Verdier, le dernier en février 2020, Intervalles de Loire. Il a obtenu plusieurs prix (Prix Franz-Hessel en 2018 pour Denise au Ventoux).

Projet. Il compte mettre à profit ses deux périodes de résidence à la Maison des Écritures Lombez Occitanie (4 semaines en mars-avril, puis 4 semaines en octobre 2020) pour s'isoler et affiner divers textes en cours d'écriture.

Patrice Lelorain à De Pure fiction (46)

Patrice Lelorain © MC - Radio France

C'est en écrivant d'un seul trait une biographie de Mohamed Ali que Patrice Lelorain décide de se consacrer à la littérature.
En 1996, son recueil de chroniques Paris section urbaine est son premier succès critique, et c'est d'ailleurs sous l'intitulé Section urbaine que Patrice Lelorain tiendra sa chronique dans le Paris Obs, supplément parisien du Nouvel Observateur de 2000 à 2003.

Depuis Adieux, récit intimiste sorti à la rentrée 2004, les livres de Patrice Lelorain suscitent un intérêt croissant, tel Revenants, fresque underground des années 70 et 80, qui a marqué la rentrée 2011. Entre 2008 et 2012, Patrice Lelorain a livré de longs papiers au magazine GQ autour de la boxe, du saut à ski ou du marathon.

Projet. Patrice Lelorain reviendra sur un chantier intitulé Mon Blues. Ce texte a pour ambition de faire résonner la musique country, folk, voire militaire avec des événements teintés de mélancolie. La difficulté de l'entreprise réside en ses deux entrées (la musique et le blues de l'auteur), lors de son premier jet, l'auteur n'a pas réussi à installer un véritable équilibre entre elles, ce qui a nuit  à  l'harmonie de l'ensemble.
Tout ceci exige de la réflexion, un coup de baguette magique, et du travail.

 

Patrice Luchet au Vent des Signes (31)

Patrice Luchet © DR 

Poète-performeur, Patrice Luchet (1971) vit à Bordeaux où il écrit et oralise ses textes, parfois improvisés. Il travaille en particulier sur la notion de poésie relationnelle et explore à travers une grande partie de ses écrits le monde urbain. Il présente ses textes depuis une douzaine d’années sous forme de « publications orales » où ses écrits, par ses commentaires, ses actions, jouent avec le public, le lieu. Il est par ailleurs enseignant de lettres classiques et membre actif des collectifs Boxon, p&P et de l’association Poésie mobile.
Publications : Offrez des pissenlits (éd. Contre-pied, 2010), Funky collège (éd. Moires, 2017), Déclarés MIE (éd Moires, 2019).

Projet. Au 1er semestre 2020, il  entend poursuivre au Vent des Signes son travail personnel de création et proposer des ateliers d’écriture et de lecture à des collégiens.

Marc-Alexandre Oho Bambé à L'Oeil du souffleur (09)

Marc-Alexandre © Oho Bambé Ken Wongyoukhong

Artiste hybride, Marc-Alexandre Oho Bambé a adapté pour la scène tous ses textes publiés. Il prévoit de faire de même avec ce roman, Souviens-toi de ne pas mourir sans avoir aimé pour lequel il sollicite la bourse de résidence qui sera donc aussi un livre en live, mis en voix et en musique.  
Marc-Alexandre en dira et en lira des extraits, porté par les notes indigo d’un quartet Slam Poetry and Jazz Experience, et chaque concert littéraire ensemble sera pour eux l’occasion d’aller chercher La note bleue si chère à Claude Nougaro, entre autres, poète admiré.

Projet. Souviens-toi de ne pas mourir sans avoir aimé est le titre du projet pour lequel Marc-Alexandre Oho Bambé sera en résidence à L'Oeil du souffleur.
Il s’agit d’un roman sur la paternité, l’en quête du père, celui que l’on n’a pas eu et celui que l’on porte, en soi.  
C’est aussi un livre sur le métissage des cultures, la complexité parfois à trouver et à faire sa place, se trouver et se faire une place au soleil de soi-même quand on a, le sang-mêlé, une double culture, « le cul entre deux chaises ».  
Ce texte est également une ode, un hymne au jazz, à la musique, à cette musique pulsion de vie, cette musique syncrétique dont l’histoire raconte aussi celle des mondes noirs et de leurs combats citoyens, leurs luttes pour les droits civiques, le jazz, tressé de résistances et d’espérances sublimes.

Núria Perpinyà à l'Hôtel du Belvédère du Rayon-Vert (66)

Nùria Perpinyà © DR 

Nùria Perpinyà est professeure à l'Université de Lleida (Espagne), après l’obtention d’un doctorat en philologie catalane. En 1997 elle publie un essai sur la poésie occidentale des années 60, suivi un an plus tard de son 1er roman Une bonne erreur. Elle est aujourd’hui une romancière et essayiste très repérée. Ses essais critiques ont été récompensés par plusieurs prix. Elle écrit également du théâtre, de la poésie. Sa rigueur formelle et son expérimentalisme renouvellent le genre dans le panorama de la littérature catalane contemporaine. 

Le projet de résidence de l'Hôtel du Belvédère est un projet translittéraire. Il s’agit de l’écriture d’une oeuvre plurielle initiée en 2019 qui fait écho aux transbordeuses qui faisaient passer des oranges venues d’Espagne d’un train à l’autre. Le principe est le suivant : une romancière s’installe au Belvédère pour écrire son texte. Elle choisit celle qui la succède à la seule condition, qu’elle ne soit pas de la même nationalité, laquelle à son tour choisira la suivante… Chacune signe donc un texte. Ces « chapitres » pourront être des nouvelles achevées ou des débuts de romans (à la façon de Si par une nuit d'hiver, un voyageur d'Italo Calvino) dont la rédaction se poursuivra ensuite sous d'autres latitudes. Après un certain nombre de résidences (6 au total normalement), les textes seront réunis dans une édition commune en langue française et ainsi de suite. Les éditons Anne-Marie Métailié ont accueilli favorablement ce projet et l’accompagneront.

Projet. Choisie par Karla Suárez, première autrice accueillie et soutenue par l’agence Occitanie Livre & Lecture, Núria Perpinyà se propose d'écrire du 1er au 31 mars 2020 à Cerbère, une histoire de science-fiction sur le changement climatique.

Tiffany Tavernier à De Pure fiction (46)

Tiffany Tavernier © DR

Après une longue période de voyages (plus de cinquante pays) et beaucoup d’assistanat à la mise en scène sur de nombreux films et téléfilms, Tiffany Tavernier s'est attelée à l’écriture de son premier roman Dans la Nuit Aussi le Ciel (poche Seuil, 1999), largement inspiré de son année passée à Calcutta dans les milieux de l'humanitaire.
Depuis, 7 autres romans sont parus dont Roissy, le dernier, sorti fin août 2018 chez Sabine Wespieser.
En parallèle, elle a écrit une biographie sur Isabelle Eberhardt, parue chez Tallandier en 2106 ainsi que des scenarii pour la télévision et le cinéma dont Ca Commence Aujourd'hui, Holy Lola, Vincennes, l’université perdue…
Depuis de nombreuses années, elle anime également des ateliers d'écriture en banlieue, et écrit pour le théâtre et la jeunesse.

Projet. L'autrice sera en résidence à De Pure fiction du 1er au 30 septembre 2020 pour l'écriture de son dixième roman publié par les éditions Sabine Wespieser. Il traitera d’un sujet tout à fait particulier, celui des procès de canonisations qui ont cours aujourd’hui et ce, à travers le regard d’une secrétaire qui travaille au Bureau de la Cause des Saints de Paris.