BARBUSCIA PATRICK

patrick.barbuscia [at] hotmail.fr
Route de Clermont - Les Douzes
34600 Bédarieux
Activité(s)
Ecrivain
Genre(s)
Roman noir, polar
Animations(s)
Rencontres

Biographie : 

Écrivain passionné par la Méditerranée et la Sicile, Patrick Barbuscia construit depuis plusieurs décennies une œuvre où se mêlent roman policier, intrigue, humour et regard humaniste sur les sociétés méditerranéennes.

Dès ses premiers romans, l’auteur affirme un univers singulier dans lequel l’humour camoufle habilement d’autres intentions sociales ou culturelles. Avant 2011 paraissent notamment Comment peut-on être serpent ?, Le Clan des six Îliens et Mission Trinacria, des ouvrages qui révèlent déjà son attachement à la Sicile et à Marseille. À travers ces récits, il explore les liens entre mémoire, transmission et destinée humaine, tout en développant un imaginaire où la Trinacrie devient une véritable source d’inspiration.

À partir de 2015, il poursuit son parcours avec Micmac à Monaco. Ensuite, il enrichit son œuvre avec : On ne badine pas avec la mort, polar où l’humour noir accompagne une intrigue pleine de surprises ; Giufà, inspiré de la figure populaire et malicieuse de la tradition sicilienne ; Du sang dans les Cévennes, thriller ancré dans les paysages sauvages cévenols ; Petits Crimes siciliens, plongée dans une Sicile de contrastes, de passions et de mystères. Son œuvre la plus récente, Amortel et Le Tocard, marque une nouvelle étape dans son parcours d’écrivain.

À travers l’ensemble de ses livres, l’auteur développe un univers profondément marqué par la culture sicilienne, l’esprit trinacien et les traditions populaires. La Sicile, Marseille et le Sud de la France ne sont jamais de simples décors : ils deviennent des territoires de mémoire, de caractère et d’émotion.

Bibliographie non exhaustive :

Sous le patronyme de Patrick Barbuscia :

Le Tocard, éd. Chum, 2026 (policier) 
Amortel, éd. Les Presses du midi, 2022 (policier). 
Petits crimes siciliens, préface de Calogero Conigliaro, éd. Les Presses du Midi, 2020 (policier). 
Mission Trinacria, éd. Pietra Liuzzo, 2008, 2015 (policier).

Sous le pseudonyme Le Trinacrien :

Du sang dans Cévennes, éd. Presses du Midi, 2017 (polar). 
Mic-mac à Monaco, éd. Presses du Midi, 2016 (polar). 
Giufà, éd. Presses du Midi, 2015 (polar). 
On ne badine pas avec la mort, éd. Les Presses du Midi, 2015 (policier). 
Le clan des six-îliens, éd. Terriciaë, 2012 (policier). 
Comment peut-on être serpent ?, éd. Terriciaë, 2011 (policier). 
Mémoire du Pays d’Orb, collectif, éd. Presses du Languedoc, 1999 (région).

Extrait :

Il n’y avait pas de vents dans les arbres, les oiseaux muets semblaient endormis sur les branches, l’air était devenu lourd et dans les rues désertes, on ne voyait pas d’âme qui vive.

Sur le balcon d’en face, un petit chat famélique somnolait à l’ombre d’un rosier.

Tout était immobile, plus rien n’avait d’utilité et remuer son corps devenait presque une affaire d’état.

Dans la maison aussi c’était le calme, il n’y avait jamais eu autant de silence que ce jour là, tout le monde dormait aux endroits les plus curieux. La zia (La tante) ronflait sur un vieux fauteuil en osier, le grand-père reposait sur une chaise longue tandis que nous sommeillions les uns sur les autres allongés sur un tapis d’orient comme des chiots juste sortis du ventre de leur mère. Seule, la nonna dans la cuisine fraîche préparait invariablement les mêmes petits gâteaux.

La maison était grosse et il était rare d’habiter dans les quartiers Nord de Marseille dans une vieille baraque aussi volumineuse que malsaine. La lumière avait les plus grandes peines à pénétrer par les sept fenêtres sombres du rez-de-chaussée et à l’étage il fallait s’éclairer même en pleine journée. Devant la façade, une grande cour ne recevait plus que des vapeurs chaudes à la place des cris d’enfants.

La nonna ouvrit la porte et balança sur nous une oeillade furtive en nous embaumant de quelques arômes pâtissiers. Je me réveillais doucement, versait mes prunelles sur un sourire empli de promesse culinaire. Elle était vieille mais belle, les rides n’avaient pas entamé la légèreté d’ensemble de son visage et son petit nez retroussé gentiment posé sur des lèvres douces comme des amandes lui conservait une fraîcheur encore juvénile.

- Tu as faim ?

Je continuais à la regarder sans lui répondre profitant encore un peu du cortège paisible de mes images rêvasseuses. Elle n’insista pas, se retourna sur son feu et je me rendormis sur l’épaule de mon grand frère.

Je n’entendais plus que ces galettes crépitant dans l’huile bouillante. Entre deux sommeils, j’avais même l’impression que la pluie fouettait le sol.

Nous conservons longtemps bien enfoui dans notre mémoire le souvenir d’une histoire qui, à force d’être ressassée dans votre tête vous fait hésiter à la classer dans les songes ou dans le réel. Le bruit étrange de ces pas lourds qui me vint jusqu’aux oreilles me donna cette sensation confuse de dérèglement.

On montait lentement les escaliers puis on tapait sèchement à la porte. C’est sûr, ma grand-mère attendait quelqu’un car elle ne marqua aucune surprise et sa flemme inhabituelle à récupérer les spinge (gateaux) sur le feu montrait qu’elle désirait que l’inconnu patiente sagement derrière la porte.

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Localisation

43.55904, 3.87342