FIGON YVAN

figon.yvan [at] free.fr
48 rue de l’étang de l’Or
34470 Pérols
Activité(s)
Ecrivain
Genre(s)
Littérature
Animations(s)
Rencontres
Biographie :
Je suis né à Pérols le 14 juin 1934 et ne l’ai jamais quitté sauf pendant 26 mois de service militaire. Je n’ai aucun diplôme, mais j’ai beaucoup lu les grands auteurs du 19e siècle et ceux du 20e.
J’habite au bord de l’étang de l’Or ce qui explique que cet étang et les marais qui l’entourent soient le lieu privilégié de ce que j’écris. Après avoir été apprenti chez mon père, j’ai été artisan pendant 40 ans et me suis mis à écrire à la retraite.
Bibliographie non exhaustive :
Ainsi vont les étangs, ainsi va le Canal, illustrations Nathalie Louveau, éd. du Cabardès, 2014 (roman).
Extrait :
Tous les dimanches, le même rituel marquait la sortie de la messe : à la fin de l’office dès que le prêtre regagnait la sacristie, Monsieur et Madame Portal quittaient leurs places réservées au premier rang devant l’autel et en empruntant l’allée centrale allaient se poster à l’extérieur, à droite de la porte principale de l’église.
Tous les fidèles défilaient devant ces notables. Ceux qui estimaient posséder une situation un peu plus importante que les autres, en se découvrant, saluaient Monsieur et lui serraient la main attendant que Madame veuille bien leur tendre la sienne.
Madame Portal était ce que l’on avait l’habitude de décrire comme une belle femme. Des charmes débordants au-dessus et au-dessous de sa taille faisaient paraître celle-ci plus fine qu’elle n’était en réalité. Enfin comme disaient avec un petit sourire les viticulteurs de Méziargues, elle a tout ce qu’il faut là où il faut… avec beaucoup de générosité. Elle avait un visage rond et des yeux bleus sans expression au-dessus d’un nez en pied de marmite. Dans la fleur de ses dix-huit ans, ce nez retroussé lui avait donné un petit air effronté, mais en avançant dans l’âge il avait pris des proportions qui avaient fait disparaître ce charme.
Dans le Midi, on n’appelle pas les aînés des fratries par leur prénom, mais par leur nom de famille ; Marguerite se conformait à cette coutume, elle appelait son mari Portal.
Dix-sept ans plus tôt, le riche propriétaire avait embauché pour diriger les ouvriers agricoles un bayle qui faisait également fonction de ramonet ; avec sa femme, Henriette, ils habitaient une maison incorporée aux bâtiments des communs.
Henriette était un tout petit bout de femme extrêmement mince sans être maigre. C’était une brune piquante. Quand elle marchait, on avait l’impression que ses pieds ne touchaient pas le sol. À chaque pas, sa longue jupe découvrait une cheville joliment tournée qui attirait les regards masculins et faisait présager de la beauté du reste de la jambe. Portal était tombé sous le charme de ces deux liards de poivre qui vous jetaient, de leurs yeux très noirs bordés de longs cils recourbés, un regard plein de promesses. Il ne pouvait s’empêcher de faire la comparaison avec le calme opulent, un peu bovin, de Marguerite.
Localisation

43.55533, 3.96794