Activité(s)
Ecrivain
Genre(s)
Poésie, théâtre
Littérature
Animations(s)
Rencontres
Lecture
Conférences
Biographie :
En guise de présentation de Hubert Auque --- Selon la forme « néo-classique » :
- Né à … bof, la ville habitée par ses parents. Quelle importance puisqu’elle n’en a pas pour lui ?
- Age : comme le bon Porto, hors d’âge.
- Marié, père de deux filles 15 et 11 ans (information insuffisante pour deviner l’âge du père.)
- Deux doctorats, un troisième cycle, d’autres diplômes par-ci, par-là en Sciences humaines (aucun en littérature, heureusement !). Prof de fac, puis un temps, doyen ; publications de X articles et de trois essais.
- Versant littérature : premier roman publié en 1991, "José (Joselito)" Prix Gorges Nicole, en Suisse, suivi de deux autres romans et de deux recueils de nouvelles.
---Selon l’inspiration « romantique »
- Incapable d’écrire une ligne de littérature depuis les lieux qu’il a habité.
- Musiciens préférés : Schubert, Bach, très nettement en tête. Trouve Montserrat Caballé et Jordi Savall très sympathiques
- A été marqué par les vies de Pablo (ou Pau, qui veut dire paix) Casals et du musicologue (mais oui) protestant Albert Schweitzer.
- Influencé (ce serait bien), disons sensible, aux écrits de l’Allemand Peter Härtling, l’Italienne Rosetta Loy, la Catalane Mercé Rodoreda. Tiens, aucun Français…mais si : Jean Racine ; les autres, une prochaine fois !
- Comme Amélie Nothomb, ses parents dès qu’il eut six ans, ont organisé des échanges épistoliers avec les enfants de leurs amis ; un rythme a été pris, un rite adopté et une forme littéraire désormais privilégiée.
- A vécu à Toulouse, Sion (CH), Genève (CH), Perpignan, Strasbourg, Tübingen (D) –ah, la superbe ville champêtre !-, Paris –il fallait y passer !-, Mulhouse et, depuis 8 ans, à Avignon. S’il vous disait qu’il a habité Barcelona et Salamanca, ce serait exagéré mais ses séjours dans ces deux villes ont pour lui plus de poids que bien des années passées dans une autre… Son lieu officiel de résidence (là où il vote) est enraciné sur un village rocheux face au Canigou à 40km de Perpignan, la Catalane.
- Se dit végétarien mais apprécie le poisson.
- Aime regarder la mer, la montagne et surtout les lacs ; bref, un contemplatif ! Et en plus, profondément hélioâtre.
- Sa phrase latine favorite : "Otium cum dignitate"*
* Traduction à choisir : "La retraite avec les honneurs" ou "L’oisiveté dans la dignité" ; Hubert Auque préfère la seconde.
Bibliographie non exhaustive :
Sebastià, enfant de la Retirada, éd. L’Harmattan, 2018 (roman). Dieu, un père ? : pourquoi le christianisme nous a imposé une image paternelle, éd. Erès, 2018 (essai). Revenir à l’essentiel, éd. Erès, 2016 (essai). Revoir Tübingen, éd. L’Harmattan, 2015 (roman). La chambre de Paul, éd. Pierre Philippe, 2015 (roman). Médée de retour en Colchide, éd. L’Harmattan, 2014 (théâtre). Trio pour violoncelle seul, éd. Pierre Philippe, 2014 (roman). Dans le regard d’Adrià, éd. Noviny 44, 2012 (roman). Je peux m’asseoir à côté de vous..., éd. L’Harmattan, 2006 (nouvelles). Je vous écris de Salamanca, éd. L’Harmattan, 2005 (roman). José (Joselito), éd. Bernard Campiche, 1991, réed. L’Harmattan, 2005 (roman). Prix Georges Nicole 1991 (Suisse). Le Chant des syllabes, éd. L’Harmattan, coll Ecritures, 2001 (nouvelles). Rencontre à l’hôpital, éd. Réveil/Labor et Fides, 2001 (essai). Je parle, un autre m’écoute, éd. Labor et Fides, coll Entrée libre, 2000 (essai). Migrant permanent, éd. L’Harmattan, coll Ecritures, 2000 (roman). Renoncer, éd. Labor et Fides, coll Autres Temps, 1998 (essai).
Extrait : L’homme de Salamanca « Si je n’avais pas lu Giorgio Bassani, je ne serais peut-être jamais allée à Ferrare, et si je n’y étais pas allée après l’avoir lu, je ne l’aurais lu qu’à moitié. » C’est cette phrase de Michèle Lesbre écrite à la fin d’ « Un certain Felloni » qui s’installe lorsque votre regard quitte le mordoré des murailles d’Avila pour se perdre dans le désert de Castille. C’est toujours après Avila que commence vraiment votre voyage, votre rencontre chaque année renouvelée avec elle, Salamanca, avec lui, Miguel de Unamuno. D’elle vous connaissez le moindre recoin : vous avez su jadis, quand vous étudiez dans la célèbre université, mêler enseignement et contemplation. Dès le matin, même si vous n’aviez pas cours dans le bâtiment ancien, lors de votre halte devant l’entrée de l’université, vous repensiez d’abord à la célèbre phrase de Fray Luis de León prononcée, là, lorsqu’il retrouva sa chaire après cinq ans d’emprisonnement, victime des luttes doctrinales entre Augustins et Dominicains : « Decíamos ayer… » ( Nous disions hier…) puis, vous laissiez votre admiration s’épancher sur cette façade où jour après jour vous découvriez dans les sculptures de nouvelles lectures. Le soir vous aimiez vous asseoir sur un banc Plaza de Anaya, élevant votre regard laudatif vers les cathédrales quand le soleil déclinant intensifie les multiples reliefs; de là vous parcouriez, en passant devant la Casa de las Conchas, la Rua pour vous installer au Café Las Torres. Aujourd’hui vous avez retrouvé ces chemins et ceux qui mènent d’un cloître, d’un patio, à un autre : Escuelas Menores, Palacio de Fonseca…, mais c’est dans le Cloître del Convento de las Dueñas que vous resterez une heure comme vous le faisiez jadis au moins une fois par semaine, méditant à votre place favorite depuis la galerie supérieure; au loin on aperçoit entre les colonnes les deux cathédrales. Un couple de touristes trouble votre quiétude en photographiant. Vous soupirez : cette manie des photos qui brise la rencontre entre l’élan du regardant et le don du regardé… Ils quittent les lieux. Enfin seul ! Vous aimeriez communiquer votre enthousiasme - non ce n’est pas le mot qui convient, vous lui préférez sérénité - au contact de ce cloître mais peut-on transmettre une sérénité… En sortant, devant la façade de l’église San Esteban votre quiétude s’étiole, bien qu’admiratif pour cette architecture hors norme, vous vous sentez vulnérable ; le contraste sans doute entre puissance et recueillement… Il va être 14h ; les commerces vont tous fermer pour ne rouvrir qu’à 17h ; la ville, avant la sieste obligée, va connaître son heure d’effervescence ; sans presser le pas vous vous dirigez vers « le forum » où déjà la marche circulaire autour des arcades a débuté, perpétuant ce mouvement qui depuis l’antiquité en passant par l’état monacal, permet à l’Homme de croire réitérable la boucle de la vie. Vous retrouvez le café Las Torres à l’heure où comme vous maintenant il était là présent en ce lieu central où tous savaient qu’on pouvait le trouver, lui parler. N’aviez-vous pas espéré chaque jour durant votre année salmantine, découvrir cinquante ans après sa mort, sa présence à vos côtés ? Pour la susciter c’est là, à la terrasse de Las Torres, Plaza Mayor que vous avez lu tous les écrits de celui qui fut parfois qualifié de protestant, et relus "Le sentiment tragique de la vie", L’"agonie du christianisme" mais aussi les poèmes de 1907, ceux de 1933 et les pièces de théâtre du "Sphinx" à "Médée", en passant par "Phèdre". Mais ce jour, recevant le doux soleil automnal c’est son discours du 12 octobre 1936 qui vous taraude. Miguel de Unamuno allait mourir deux mois plus tard ; il n’aura vu qu’une partie des horreurs de la guerre civile, incivile, comme il la nommait en ajoutant sa formule devenue célèbre : « Vaincre n’est pas convaincre (…) Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. » Le soir venu, longeant le Río Tormes, quand les martinets zèbrent le ciel de leurs vols sans répit vous pourrez caresser du regard la cité salmantine sous les derniers feux du soleil en murmurant : « Si je n’avais pas lu Miguel de Unamuno, je ne serais peut-être jamais allé à Salamanca, et si je n’y étais pas allé après l’avoir lu, je ne l’aurais lu qu’à moitié. »
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